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Texte critique

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Nina Urlichs

L’œuvre de Nina Urlichs, dans ses peintures sur toiles comme dans ses œuvres sur voile textile, explore inlassablement les sillages du corps. Mouvement, trace, empreinte : tels sont les essentiels, dans la forme comme dans l’inspiration, de son travail.

Formellement ces préoccupations naquirent, il y a dix ans, de la fascination de l’artiste pour l’expérience du papier qui se délave, notamment dans l’aquarelle, et le désir de retrouver avec d’autres matières, d’autres supports, sur la toile, le plexiglas puis le voile polyester, la transparence, la fluidité et la profondeur, aujourd’hui caractéristiques de son travail.

Ces empreintes dansantes, Nina Urlichs les appelle « écritures », comme si le corps devenait calligraphique, les silhouettes, autant de signes, et la décomposition du mouvement, un langage. Du noir et blanc pour la pureté du geste, la force de la trace, comme des anthropométries nouvelles. Cette association graphique, renforce leur dimension calligraphique et retient le regard sur l’essentiel. Car tandis que le regard est happé et se dissout dans la couleur, se perd dans les détails du trait, le contraste de la trace noire sur le plein blanc ramène l’œil à la pureté de la forme, habite l’espace et manifeste la liberté du geste de l’artiste. De très habiles jeux de voiles conduisent ensuite le regard dans les profondeurs d'une oeuvre toute en transparences, légèreté et mouvement. Ces superpositions en volume intensifient le flou et la fluidité d’une œuvre quasi-cinétique, en appelant à l’œil du spectateur pour recomposer le mouvement et pénétrer en son tréfonds comme on le ferait avec une radiographie. Au-delà de la peinture, l’œuvre s’offre dans un entre-deux plastique à la dimension sculpturale.

Dans une réflexion très contemporaine sur la mise en espace de son travail, Nina Urlichs réalise régulièrement des installation monumentales, déclinant son travail d’impression sur de très grands formats de voiles, sur lesquelles sont parfois projetées des images, renforçant le processus de démultiplication et de profondeur de l’image en mouvement.

Marie Deparis
Paris, mars 2007